Un chatbot IA et une app d’authentification… tout en prenant ses distances avec la Suisse.

Source : Sora – OpenAI
Proton, connue pour son engagement fort en matière de confidentialité numérique, élargit encore sa gamme. Après Proton Mail, Proton VPN, Drive, Calendar et Pass, la société annonce deux nouveaux outils lancés en juillet :
- Lumo, un chatbot IA orienté sécurité et vie privée,
- et Proton Authenticator, une application d’authentification multifacteur (MFA) open source.
Cette expansion s’inscrit dans une stratégie visant à construire une suite d’outils numériques souverains, chiffrés de bout en bout, tout en rassurant les utilisateurs sur la transparence et l’éthique des produits.
Lumo : un chatbot IA confidentiel
Lumo est présenté comme une alternative privée aux assistants IA comme ChatGPT, Gemini ou Copilot. Disponible via une version gratuite (limitée en fonctionnalités) et une version payante à 9,99 €/mois, Lumo mise sur la confidentialité plutôt que la puissance brute.
Fonctionnalités principales :
- Analyse de fichiers (taille illimitée en version payante),
- Aucune conservation des données de conversation pour l'entraînement,
- "Ghost Mode" pour supprimer automatiquement les chats après la session,
- Historique consultable pour les comptes connectés,
- Engagement à ouvrir le code source, à terme.
Lumo ne génère pas d’images, à la différence de ses concurrents, mais son positionnement éthique pourrait séduire une niche d’utilisateurs avertis.
Proton Authenticator : MFA open source et chiffré
Le second produit, Proton Authenticator, est une application MFA classique, mais développée selon les principes fondamentaux de Proton :
- Synchronisation chiffrée de bout en bout,
- Code entièrement open source (déjà publié sur GitHub),
- Disponible sur iOS, Android, Windows, macOS et Linux.
Avec ce nouvel outil, Proton entend proposer une alternative sécurisée aux solutions propriétaires comme Google Authenticator ou Authy, tout en renforçant son écosystème numérique.
Proton prend ses distances avec la Suisse
Paradoxalement, ces lancements interviennent alors que Proton remet en question son avenir en Suisse, pays où l’entreprise est pourtant basée. En cause : un projet de loi suisse visant à élargir l’accès des autorités aux métadonnées des utilisateurs.
Le fondateur et CEO Andy Yen a dénoncé ces évolutions comme une menace à la vie privée numérique. En avril, il avait déjà menacé de quitter le pays. En juillet, Proton a confirmé le gel de ses investissements en Suisse et envisagerait désormais le transfert de ses infrastructures dans un autre pays plus favorable à la protection des données.
Un tournant stratégique pour Proton
Lumo et Proton Authenticator confirment l’ambition de Proton de devenir une alternative complète aux géants du numérique. Mais la société semble également amorcer un tournant géopolitique, en envisageant un repositionnement international de ses infrastructures et de ses investissements.
Avec ces nouveautés, Proton veut démontrer qu’il est possible d’innover sans sacrifier la vie privée. Reste à voir si sa rupture potentielle avec la Suisse affectera son image de fournisseur "souverain" basé dans un pays neutre.